Création d’une EURL : Guide pratique et démarches 2026
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Créer son entreprise seul soulève forcément une multitude de questions. Faut-il choisir l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ou la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) ? Quels sont les avantages et les inconvénients de la création d'une EURL ? Quelles démarches et formalités suivre pour créer son EURL en ligne, et à quel coût ? Quel régime fiscal et social s’applique au gérant ? Autant d’interrogations légitimes pour un entrepreneur qui souhaite se lancer sans associé. Dans cet article, nous allons revenir en détail sur ce qu’est l’EURL et dans quels cas ce statut peut être intéressant. Nous verrons également ses forces et ses limites, les étapes concrètes de création, son coût, ainsi que son régime fiscal et social. Enfin, nous répondrons aux questions fréquentes des créateurs d’entreprise, notamment la comparaison avec la SASU, la compatibilité avec le chômage, ou encore les obligations comptables liées à ce statut.
Créer une EURL peut sembler complexe, mais les étapes sont en réalité bien structurées. Voici un résumé concret pour lancer votre EURL rapidement et sereinement :
- Vérifiez que l’EURL correspond à votre projet (comparaison avec SASU, micro-entreprise, etc.).
- Rédigez les statuts (mentions obligatoires, choix du gérant, régime fiscal).
- Constituez le capital social (minimum 1 €, dépôt sur un compte pro).
- Choisissez la domiciliation (domicile, local, société de domiciliation…).
- Publiez une annonce légale.
- Déposez le dossier complet sur le Guichet Unique.
- Obtenez l’immatriculation (Kbis) : ça y est, votre EURL est créée !
Définition : qu'est-ce qu'une EURL ?
L’EURL, Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, est en vérité une SARL unipersonnelle (SARLU). C’est l’une des deux options pour un entrepreneur individuel qui souhaite créer sa société sans autre associé (tout comme une SASU). Dans le cas d’une société commerciale, elle doit avoir un capital social et des statuts.
Pourquoi créer une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ?
Quel est l'intérêt de créer une EURL ?
Une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée peut être avantageuse si vous souhaitez créer une entreprise seul(e) et avec peu de charges. En effet, les cotisations sociales sont moins élevées en EURL qu’en SASU, et augmenter votre rémunération ne vous pénalise pas autant.
Quels sont les avantages et les inconvénients du statut juridique de l'EURL ?
Les avantages d'une EURL pour un entrepreneur qui commence dans le monde de l’entreprise sont nombreux :
- la simplicité de création avec un capital social de 1€ minimum, pas d’associé en dehors de vous, vous êtes gérant et vous n’avez pas à partager les responsabilités.
- La responsabilité limitée de l’associé : on distingue le patrimoine de l’entreprise de votre patrimoine personnel, une protection utile en cas de créances. Cela ne vous empêche pas d'être tenu responsable en cas de faute de gestion ou de fraude fiscale.
- Flexibilité en matière d’imposition. Par défaut, l’EURL est assujettie à l’impôt sur le revenu. Toutefois, il est possible de demander à être imposé à l’impôt sur les sociétés, ce qui ouvre d’autres perspectives de gestion fiscale.
- Une cession facilitée : si vous souhaitez transmettre votre EURL à un nouvel associé, vous n’avez pas besoin d’agrément, il suffit de faire un acte de cession et un acte de décision de l’associé unique.
- La possibilité d’opter au statut du micro-social comme une micro-entreprise.
Mais l’EURL a aussi ses quelques inconvénients selon votre situation :
- un encadrement strict : vous devez respecter le formalisme de l’EURL, notamment la rédaction de statuts qui doit être validée par un juriste (avec les frais que cela engendre) ;
- le statut du dirigeant est celui de travailleur non salarié (TNS) rattaché au régime social des indépendants, vous ne bénéficierez donc pas des protections sociales liées au régime des assimilés salariés ;
- enfin, si vous souhaitez vous associer avec d'autres personnes après avoir créé votre EURL, vous devrez transformer votre EURL en SARL, car l'EURL est destinée à un seul associé. Cette transformation, bien que faisable, est complexe et coûteuse. Elle nécessite soit la cession de parts sociales, soit une augmentation de capital.
Selon vos préférences, il est possible que l’EURL ne soit pas la forme juridique parfaite pour votre projet, alors n’hésitez pas à comparer SASU et EURL.
Tableau comparatif des avantages et inconvénients de l’EURL
Avantages de l’EURL | Inconvénients de l’EURL |
|---|---|
Responsabilité limitée de l’associé unique (protection du patrimoine personnel) | Formalisme de création et de gestion (statuts, assemblées…) |
Souplesse dans le choix du régime fiscal (IR par défaut, option possible pour l’IS) | Statut social du gérant : TNS (protection sociale moins avantageuse qu’en SASU) |
Capital social libre à partir de 1 € | Cotisations sociales minimales dues même sans rémunération |
Evolution vers une SARL si besoin | Difficulté à attirer des investisseurs avec un capital social trop faible |
Possibilité de cumul avec l’ARE (aides chômage) sous conditions | Moins de flexibilité que la SASU pour organiser le fonctionnement de la société |
Gestion simplifiée avec un seul associé | Certaines démarches administratives parfois perçues comme lourdes |
Rémunération du gérant libre (fixe, variable, ou aucune) |
Comment faire pour créer une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) en ligne ?
Qui peut créer une EURL ?
La création d’une EURL est ouverte à toute personne physique désirant se lancer dans l’entrepreneuriat seul(e). Les formalités doivent être réalisées par l'intermédiaire du Guichet Unique.


Combien de temps pour la création d'une EURL ?
Le temps pour la création de votre EURL dépend tout d'abord de votre capacité à réaliser les démarches (rédaction de statuts, avis de publication) rapidement, ce qui peut être facilité si un expert-comptable s'en charge. Une fois le dossier complet et envoyé à l’administration, la création d’une EURL peut prendre d’une semaine à un mois selon votre localité et le nombre de demandes à traiter ou encore si votre activité relève du champ de compétence de la chambre des métiers et de l’artisanat. Ne vous inquiétez pas néanmoins, la réception du Kbis et l’immatriculation de votre entreprise interviennent la plupart du temps sous une dizaine de jours après la demande.
Quelles sont les étapes de la création d'une EURL ?


La création d'une EURL suit 7 grandes étapes, depuis le choix de cette forme juridique jusqu'à l'immatriculation de votre société. Certaines démarches peuvent être préparées en parallèle, notamment la rédaction des statuts et la constitution du capital social.
1. Vérifier que l'EURL convient à votre projet
Avant d'engager les formalités de création, vérifiez que l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) correspond bien à votre projet. Cette forme juridique vous permet d'entreprendre seul, avec une responsabilité en principe limitée au montant de vos apports.
Votre choix doit notamment tenir compte de votre régime social en tant que gérant, de la fiscalité souhaitée, de votre rémunération et de vos perspectives d'évolution. Lorsque l'associé unique est une personne physique, l'EURL relève par défaut de l'IR (Impôt sur le Revenu), avec la possibilité d'opter pour l'IS (Impôt sur les Sociétés).
2. Rédiger les statuts
La première étape importante consiste à rédiger les statuts de votre société afin de déterminer le fonctionnement de votre entreprise. La loi exige que ces statuts soient rédigés sous la forme d’un acte sous seing privé ou d’un acte notarié en cas d’apport immobilier.
Vous pouvez rédiger vous-même les statuts de votre EURL mais il vaut mieux vous faire accompagner par un professionnel du juridique pour éviter les erreurs et les oublis. En effet, toute modification des statuts entraine des coûts supplémentaires. De plus, faites très attention aux modèles de statuts trouvés sur internet qui ne sont pas toujours fiables ou adaptés à toutes les entreprises.
Certaines mentions sont obligatoires dans les statuts :
- la forme sociale ;
- la dénomination sociale ;
- la durée de vie (jusqu’à 99 ans, renouvelable), à compter de l’immatriculation ;
- l’adresse du siège social ;
- l’objet social (description précise et large des activités, licite et anticipant l’évolution des activités) ;
- l’évaluation des éventuels apports en nature ;
- le nombre des parts sociales et leur libération ;
- la date de clôture de l'exercice.
Les statuts peuvent également inclure :
- l’identité du gérant ;
- les pouvoirs et la rémunération du gérant ;
- les modalités de prise de décision de l’associé unique ;
- les modalités de souscription des parts sociales par apport en industrie, le cas échéant ;
- les dispositions relatives à la répartition du résultat, à la constitution des réserves et à la répartition du boni de liquidation ;
- l’identité du commissaire aux comptes.
Le montant du capital social minimum pour créer une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée est simplement de 1 euro. Il s'agit d'un montant symbolique. Attention néanmoins, cela ne veut pas dire que la création de votre EURL ne coûtera qu’un euro : n’oubliez pas la rédaction de statuts, les frais d’annonces légales, etc.
Toutefois, avoir un capital social en EURL de seulement 1 euro n'est pas forcément un avantage. Des investisseurs ou futurs partenaires peuvent se montrer méfiants envers une entreprise au capital social faible. De plus, lors de la création de l’EURL, il est probable que vous ayez besoin de fonds pour développer votre activité, comme pour acheter du matériel ou louer des locaux.
3. Constituer et déposer le capital social
Le dépôt du capital social
En parallèle de la rédaction des statuts, pensez à prévoir l'ouverture d'un compte bancaire professionnel au nom de votre société pour le dépôt du capital social. Ce compte est destiné à recevoir le dépôt des fonds et des apports en capital formant le capital social de votre EURL. Alternativement, ce dépôt peut être effectué chez un notaire ou à la Caisse des Dépôts et Consignations.
La constitution du capital social est une étape clé lors de la création d’une EURL. Elle détermine la capacité financière de la société à son démarrage, mais aussi la crédibilité de l’entreprise auprès de ses partenaires. En EURL, le capital social est fixé librement par l’associé unique, avec un minimum légal de 1 €. Toutefois, il est souvent conseillé de prévoir un montant cohérent avec les besoins réels de l’activité : un capital trop faible peut freiner l’accès à certains financements ou rassurer moins les partenaires.
Les différents types d’apports


Le capital social d’une EURL peut être composé de trois types d’apports :
- Apports en numéraire : Il s’agit de sommes d’argent versées sur un compte bancaire ouvert au nom de la société. Au moins 20 % du montant total de ces apports doit être libéré (effectivement versé) lors de la création de l’EURL ; le solde peut être libéré dans un délai maximum de 5 ans après l’immatriculation. Un certificat de dépôt des fonds sera remis par la banque ou l’organisme dépositaire, et ce document est indispensable pour l’immatriculation.
- Apports en nature : Ce sont des biens autres que de l’argent (matériel, véhicules, ordinateurs, brevets, fonds de commerce, etc.) mis à disposition de la société. Chaque bien apporté doit être précisément décrit et évalué. Si la valeur d’un bien excède 30 000 €, ou si l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital social, la nomination d’un commissaire aux apports est obligatoire pour garantir une évaluation objective. Le rapport du commissaire est alors annexé aux statuts.
- Apports en industrie : Il s’agit de l’apport de compétences, de savoir-faire ou de travail par l’associé unique. Contrairement aux apports en numéraire et en nature, les apports en industrie ne participent pas à la formation du capital social. Cependant, ils peuvent donner droit à l’attribution de parts sociales spécifiques, permettant à l’apporteur de participer au partage des bénéfices et aux décisions de la société. Les modalités de ces apports doivent être clairement prévues dans les statuts.
Points de vigilance
- Montant du capital social : Même si la loi autorise un capital d’un euro, il est recommandé d’adapter le montant à la réalité du projet. Un capital trop faible peut limiter la capacité d’emprunt ou la confiance des partenaires commerciaux.
- Libération des apports : Respecter les délais de libération est essentiel pour éviter tout blocage administratif ou fiscal.
- Évaluation des biens : Une évaluation précise et, si nécessaire, contrôlée par un commissaire aux apports, permet de sécuriser juridiquement la création.
En résumé, le choix du montant et de la composition du capital social doit être réfléchi : il engage la responsabilité de l’associé unique à hauteur de ses apports, conditionne le démarrage de l’activité et influence la perception de l’EURL par ses partenaires.
4. Choisir la domiciliation du siège social
Plusieurs solutions sont possibles pour domicilier votre entreprise :
- domiciliation chez le représentant légal : le siège social de l'entreprise est établi au domicile du représentant légal pour une durée maximale de 5 ans, sous certaines conditions ;
- domiciliation dans un local commercial : l'entreprise peut domicilier son siège dans un local commercial, soit possédé, soit loué via un bail commercial, ce qui peut être coûteux ;
- domiciliation dans une société de domiciliation : cette option permet d'obtenir une adresse prestigieuse à moindre coût et d'accéder à des services supplémentaires comme la gestion du courrier ou l'accès à des salles de réunion ;
- domiciliation dans un espace de coworking : idéale pour les jeunes entreprises et start-ups, cette solution offre un environnement de travail partagé et des coûts réduits ;
- domiciliation dans une pépinière d’entreprise : destinée aux jeunes entreprises, cette option offre un siège social dans un incubateur pour un coût modique, mais est limitée à 3 ans.
5. Publier une annonce légale
Après la signature des statuts, vous devez publier un avis de constitution de votre EURL dans un support habilité à recevoir des annonces légales dans le département du siège social.
L'annonce informe les tiers de la création de votre société. Elle reprend plusieurs informations sur l'EURL, notamment sa dénomination sociale, sa forme juridique, son capital social, l'adresse de son siège, son objet social, sa durée et l'identité de son gérant.
Une attestation de parution vous est ensuite remise. Conservez-la : elle fait partie des justificatifs nécessaires pour demander l'immatriculation de votre EURL.
6. Déposer le dossier de création sur le guichet unique
Une fois les précédentes étapes accomplies, vous devez vous rendre sur le guichet unique pour déposer votre dossier d'immatriculation et les documents nécessaires afin de finaliser votre création.
Voici la liste des documents administratifs nécessaires pour valider la création de votre EURL et obtenir l'immatriculation de votre entreprise :
- un exemplaire des statuts de l’entreprise ;
- l’acte de nomination du gérant (s’il n’est pas dans les statuts) ;
- l’attestation de parution de l’avis de constitution au journal d’annonces légales ;
- le certificat de dépôt de fonds ;
- le justificatif d’occupation des locaux du siège social ;
- les pièces d’identité et l'attestation de filiation ;
- la déclaration sur l'honneur de non-condamnation du gérant ;
- dans certains cas, des documents complémentaires, notamment si l’activité exercée par l’EURL est réglementée.
7. Obtenir l'immatriculation de l'EURL et son Kbis
Une fois votre dossier transmis, les informations et justificatifs fournis sont contrôlés avant l'immatriculation de votre EURL. Si le dossier est complet et conforme, votre société est inscrite au RNE (Registre National des Entreprises) et, lorsqu'elle exerce une activité commerciale, au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés).
L'immatriculation marque la naissance juridique de votre EURL : la société acquiert sa personnalité morale. Si elle est inscrite au RCS, vous pouvez alors obtenir son extrait Kbis, qui atteste de son existence juridique et reprend ses principales informations.
Quel est le coût de création d’une EURL ?
Les démarches de création d’une EURL sont similaires à d’autres créations d’entreprise, et vous devrez payer pour plusieurs étapes administratives indispensables :
- la rédaction de statuts (150 euros chez Dougs) ;
- les frais d’annonces légales ;
- le dépôt au registre du commerce et des sociétés ;
- l’inscription au registre des bénéficiaires effectifs ;
- immatriculation au répertoire des métiers (pour les artisans) ;
- stage de préparation à l’installation (pour les artisans, facultatif depuis 2019, mais reste recommandé et payant si vous le suivez).
Quel salaire vous verser en tant que gérant d'EURL ?
Il n’y a pas de loi encadrant le montant de la rémunération du gérant d’EURL, c’est pourquoi vous pouvez exercer votre fonction gratuitement ou vous verser un salaire. Néanmoins, votre rémunération doit être inscrite dans les statuts de l’EURL ou sur un procès-verbal de décisions de l’associé unique, cette deuxième méthode est bien meilleure afin d’éviter d’avoir à modifier les statuts en cas de changement.
Quelle est la fiscalité applicable quand on crée une EURL ?
Après la création de votre EURL, elle est automatiquement soumise au régime de l’impôt sur le revenu. Vous pouvez néanmoins opter pour l’impôt sur les sociétés, et une fois que vous avez fait ce changement, vous aurez jusqu’au 5ème exercice suivant pour y renoncer. Si vous y renoncez plus tôt, vous ne pourrez plus revenir à l’IR.
Quid de l'Urssaf et des impôts quand on souhaite ouvrir une EURL ?


Le calcul de vos cotisations sociales dépend du régime fiscal de votre EURL.
En EURL à l'IR (Impôt sur le Revenu), qui est le régime par défaut, vos cotisations sociales sont calculées sur la totalité du bénéfice r éalisé par la société. Que vous vous versiez ou non une rémunération ne change donc pas cette base de calcul : vous ne pouvez pas réduire vos cotisations simplement en décidant de ne pas vous rémunérer.
En EURL à l'IS (Impôt sur les Sociétés), les cotisations sont calculées sur la rémunération que vous vous versez, ainsi que, le cas échéant, sur une partie des dividendes. Si vous ne percevez aucune rémunération, vous restez redevable de cotisations minimales obligatoires, notamment au titre des indemnités journalières, de la retraite de base et de l'invalidité-décès.
Comment choisir entre l'IS et l'IR pour créer son EURL ?
Comme dit précédemment, une EURL est automatiquement imposée au régime de l’IR à sa création.
Vous pouvez opter pour l'IS (impôt sur les sociétés) dès le premier exercice de votre EURL, à condition de notifier cette option avant la fin du 3ᵉ mois de l'exercice concerné. Une fois l'option exercée, vous aurez jusqu'au 5ᵉ exercice suivant pour y renoncer ; passé ce délai, l'option devient irrévocable. L’IS peut vous permettre d’imputer l’imposition des bénéfices directement à votre EURL, à un taux fixe, selon le chiffre d'affaires. Tandis que votre rémunération sera imposée à l’IR. Si vous ne vous rémunérez pas, vous aurez peu d'impôts à votre nom, mais l’impôt sur les sociétés demande aussi plus d’investissement dans la gestion comptable.
Les obligations comptables d'une EURL
Les obligations comptables d'une EURL impliquent la tenue des comptes annuels qui comprend :
- le bilan qui résume le patrimoine de l'entreprise avec l'actif à gauche et le passif à droite ;
- le compte de résultat détaillant les charges et les revenus de l'exercice ;
- une annexe complémentaire facultative pour expliquer les comptes.
Ces documents doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant leur approbation par l'associé unique, et publiés à la fin de chaque exercice, sauf si l'entreprise répond à certaines exemptions basées sur ses revenus, son bilan ou son nombre de salariés.
Quelles sont les assurances obligatoires en EURL ?
Les assurances obligatoires pour une entreprise ne dépendent pas de sa structure juridique (EURL, SARL, SASU, etc.) mais plus de son domaine d'activité spécifique. Certaines EURL sont tenues de souscrire une assurance professionnelle, notamment une Responsabilité Civile (RC) professionnelle, selon leur secteur d'activité. Cela concerne particulièrement les professions réglementées ou libérales telles que les professionnels de la santé, les agences de voyage, les agences immobilières, les consultants, etc.
Les entreprises du secteur du BTP doivent obligatoirement souscrire une assurance décennale pour couvrir leurs travaux pendant 10 ans après leur achèvement. Le non-respect de cette obligation légale peut entraîner des amendes et même des sanctions pénales pour le gérant.
En présence d'employés, même un seul, l'EURL doit mettre en place une complémentaire santé collective. Si l'entreprise emploie des cadres, elle doit également proposer une prévoyance minimale contre le risque de décès. La prévoyance collective reste facultative en l'absence de cadres.
Enfin, l'entreprise doit assurer ses véhicules, que ce soit par des contrats individuels ou par un contrat flotte.
- L'EURL est une option pour entreprendre seul, offrant une protection du patrimoine personnel avec un capital social minimal.
- Le processus de création en ligne inclut la rédaction de statuts, la constitution du capital social, et la domiciliation.
- Publication de l'annonce légale et dépôt du dossier complet au Guichet Unique mènent à l'immatriculation.
- Le gérant est travailleur non salarié, soumis à des cotisations sociales spécifiques selon le régime fiscal choisi.
- Comparer EURL et SASU pour choisir le statut le plus adapté à votre projet entrepreneurial.
- Être attentif aux obligations comptables et fiscales dès la création pour garantir la conformité légale.
FAQ : vos questions sur la création d’une EURL
Quelles différences entre EURL ou SARL ?
L'EURL et la SARL présentent des différences significatives à plusieurs niveaux telles que : la nomination du dirigeant : dans une EURL comme dans une SARL, le gérant peut être nommé par les statuts ou par acte séparé. En EURL, c'est l'associé unique qui le désigne, tandis qu'en SARL, une décision collective des associés est nécessaire ; le régime fiscal de la société : la SARL est généralement soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) par défaut, mais peut opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pour les premiers exercices. L'EURL est par défaut à l'IR, sauf si l'associé unique choisit l'IS ; le régime social du gérant : le gérant associé d'une EURL est un travailleur non salarié (TNS) et relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). En SARL, cela dépend de la part détenue : régime général pour les minoritaires et égalitaires, TNS pour les majoritaires ; fonctionnement quotidien : le fonctionnement est similaire pour les décisions de gestion courante, mais les formalités administratives peuvent varier, notamment lors du dépôt des comptes annuels. En résumé, choisir entre créer une SARL ou une EURL dépend de vos préférences en matière de gestion, de fiscalité et de protection sociale.
EURL ou SASU : que choisir ?
La différence principale entre la SASU et l'EURL réside dans leur régime social et leurs coûts associés. Pour l'EURL, le dirigeant associé unique est considéré comme un travailleur non salarié (TNS). Il perçoit une rétribution nette sans bulletin de salaire et paie environ 46 euros de charges sociales pour 100 euros de rémunération nette. Les ajustements de cotisations sociales sont facilités depuis 2022 grâce à l'auto-liquidation. En revanche, dans une SASU, le dirigeant est un président assimilé-salarié, bénéficiant des prestations du régime général à l'exception du chômage. Il reçoit un salaire avec un bulletin de paie, mais les cotisations sociales sont plus élevées, ce qui peut être contraignant pour une jeune entreprise. L'EURL expose le gérant à des charges sociales moins élevées, mais le laisse personnellement responsable notamment en cas de dépôt de bilan dans la limite des apports réalisés.
Comment créer une EURL en étant au chômage ?
Vous pouvez créer une EURL en étant au chômage et bénéficier de l’ARE (aide au retour à l’emploi) sous certaines conditions. Cela dépend de votre situation personnelle (âge, aptitude physique), les conditions de rupture du dernier contrat de travail, et la durée du dernier emploi. Il existe d'autres aides à la création d'entreprise, comme l’ARCE, une modalité de versement de l’ARE, et l’ACRE, un dispositif d’exonération des cotisations sociales. Si vous ne prenez pas de rémunération dans votre EURL car vous touchez votre chômage, vous allez quand même devoir payer des cotisations sociales minimum dans de nombreux cas. Pour éviter cela, en fonction de votre durée d’indemnisation chômage, il peut être préférable de démarrer avec une SASU.

David est Head of Legal chez Dougs. En français, cela signifie qu’il pilote le département juridique du cabinet, endosse la casquette de référent technique et garantit l’évolution du service.
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